Aller au contenu principal
Fermer

La Gambie va se prononcer sur une dépénalisation de l'excision
information fournie par Reuters 18/03/2024 à 15:59

Un marché à Banjul, en Gambie

Un marché à Banjul, en Gambie

(Corrige coquille §1)

Le Parlement gambien doit se prononcer lundi sur une proposition visant à abroger l'interdiction des mutilations génitales féminines (MGF), ce qui, en cas d'approbation, constituerait un rare pas en arrière dans les efforts visant à criminaliser cette pratique.

Le petit pays d'Afrique de l'Ouest a interdit les mutilations génitales féminines en 2015, imposant de lourdes amendes et des peines de prison à celles et ceux se livrant à cet acte qui, selon l'Organisation mondiale de la santé, n'a aucun bienfait sur la santé et peut au contraire entraîner des saignements excessifs, un choc, des problèmes psychologiques, voire la mort.

Malgré les progrès réalisés sur le plan légal, l'Unicef a constaté dans un rapport publié en début de mois que le nombre de femmes et de filles ayant subi des mutilations génitales dans le monde est passé de 200 millions il y a huit ans, à 230 millions aujourd'hui.

L'excision est pratiquée dans 92 pays, dont 51 qui la pénalisent, selon l'association Equality Now.

L'interdiction des mutilations sexuelles en Gambie, adoptée sous l'ancien président Yahya Jammeh, s'est heurtée à des réticences dans ce pays à majorité musulmane, en particulier depuis l'arrivée au pouvoir du président Adama Barrow en 2017.

En août dernier, trois femmes se sont vu infliger une amende pour avoir pratiqué des MGF sur huit fillettes, soit les premières personnes condamnées par la loi.

Le Conseil suprême islamique de Gambie a réagi au jugement en affirmant que l'excision était une des vertus de l'islam et a appelé le gouvernement à reconsidérer l'interdiction.

Le député Almameh Gibba a présenté le projet au début du mois, arguant que la loi viole les droits des citoyens à pratiquer leur culture et leur religion.

Il n'était pas possible de déterminer dans l'immédiat quelle serait l'issue du vote.

Adama Barrow ne s'est pas exprimé publiquement sur la question.

Près de 180 organisations de la société civile gambienne ont publié en octobre dernier une lettre ouverte appelant le gouvernement à préserver la loi.

"L'abrogation de la loi contre les mutilations génitales féminines réduirait à néant les progrès considérables réalisés en matière de protection des droits et du bien-être des femmes et des filles", ont-elles déclaré.

(Reportage Pap Saine, rédigé par Aaron Ross; version française Stéphanie Hamel, édité par Kate Entringer)

9 commentaires

  • 19 mars 07:00

    Ne soyez pas impatients, encore quelques années et cela deviendra la norme dans notre beau pays... mais tout va bien, on a inscrit l'ivg dans la constitution, les féministes sont contentes.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Le futur Premier ministre hongrois Peter Magyar (g) et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 29 avril 2026 ( POOL / JOHN THYS )
    information fournie par AFP 29.04.2026 18:29 

    "Pas de temps à perdre": Le prochain dirigeant hongrois Peter Magyar a échangé mercredi à Bruxelles avec les chefs des institutions européennes, avec l'ambition claire de réchauffer des relations mises à mal sous Orban. De ces rendez-vous, le futur Premier ministre ... Lire la suite

  • Crise des opioïdes aux États-Unis: Purdue Pharma condamné au pénal
    information fournie par AFP Video 29.04.2026 18:02 

    Une juge fédérale du New Jersey a condamné mardi le laboratoire américain Purdue Pharma, considéré comme étant à l'origine de la crise des opioïdes aux Etats-Unis, avant l'entrée en vigueur de son plan de faillite.

  • Un automobiliste passe devant une banderole représentant le guide suprême iranien tué, l'ayatollah Ali Khamenei, ainsi qu'un drapeau iranien, à Téhéran le 29 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 29.04.2026 17:32 

    Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!", au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont au point mort. Le conflit, déclenché le 28 février ... Lire la suite

  • Jerome Powell, président de la Banque centrale des Etats-Unis (Fed), le 18 mars 2026 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
    information fournie par AFP 29.04.2026 17:19 

    Jerome Powell donne mercredi ce qui devrait être sa dernière conférence de presse en tant que président de la banque centrale des États-Unis (Fed), avant que son successeur désigné par Donald Trump ne prenne les commandes. Le deuxième et dernier jour de réunion ... Lire la suite

Pages les plus populaires